Je suis dans le dessin de cette maison,
moi vivant, faite de huit bambous
Suis dans la lumière qui tombe et dessine
huit traits que Ie vent déforme
Suis le loup, le cochon, l'enfant et l'âme
et le souffle du vent fixé dans le mouvement
Lumière dit mon nom dans le temps
attaché à ces os de bambous fléchissants
Et la pensée dit la vie la travaillant
courbée par le sens lisse et froid
Une ligne de mon dos arrêtée
Les enfants préparent un repas
Sur une raquette un cachalot
du sable pour l'océan et de l'eau
pour le feu qui le cuit
Et la poésie rien d'autre qu'une vague
flottant dans les cris de joie
de mes os en bambou, lumière flexible
attachée à la terre, mémoire du vent
Le chemin agite ses ombres dansantes
Il a une parole ou un nom
résonnant dans le crâne paysage
Sans mesure Lumière nue
Il est de cette espèce marchande
qui vole le temps en croyant inventer
l'éternité
Il se dit le maître
et le chien en même temps
Car il a les os des morts
pour le réconforter
Les os des morts
La flûte vivante
Éxécuté en chambre, Les éditions les herbes rouges. Copyright Claude Paré et les Éditions les herbes rouges. Toute reproduction interdite sans autorisation.